Nous avons découvert un domaine vraiment particulier, avec une vraie identité et surtout une approche très artisanale du vin. Le domaine se trouve dans un environnement magnifique, entre la Sainte-Victoire, le Concors et la Bèutburière, avec un microclimat et une belle amplitude thermique qui jouent forcément sur les vignes et les vins.



Une aventure que nous avons vécue grâce à Sandra, Peter Fischer et leurs enfants, Clara et Hugo et que nous avons partagée avec les élèves de la section sommellerie du Lycée hôtelier Jean-Paul Passédat de Marseille.
Une histoire de famille et de passion
Le domaine a une histoire qui remonte à 1931, lorsque la propriété a été achetée par le grand-père de l’épouse de Peter Fisher. À l’époque, il y avait environ 40 hectares de vignes, avec de gros rendements, et l’activité était surtout tournée vers le négoce.
Puis, en 1985, Peter Fisher, allemand de naissance et ingénieur agronome ayant notamment travaillé en Californie, décide de reprendre une propriété de 90 hectares à Jouques, dont 12 hectares de vignes.
Petit à petit, le domaine s’est transformé pour arriver aujourd’hui à environ 27 hectares de vignes. Ce qui est assez sympa, c’est la façon dont Peter raconte cette évolution : « On a commencé petit et on a grandi un peu sans s’en apercevoir. »
On sent vraiment qu’il y a derrière le domaine une histoire personnelle, familiale et beaucoup d’années de travail. Aujourd’hui, les enfants, Clara et Hugo font le vin à ses côtés.






Une autre façon de travailler
Au début, Peter faisait du vin comme il l’avait appris à l’école, avec des méthodes permettant notamment de répondre aux attentes des clients. Le domaine a d’ailleurs obtenu beaucoup de médailles et de distinctions.
Mais dans les années 1990, une nouvelle direction est prise avec le passage progressif à l’agriculture biologique, puis à la biodynamie à partir de 2011.
L’idée est vraiment de laisser davantage parler le terroir et de travailler avec la nature.
Il nous expliquait notamment qu’après quelques années de biodynamie, les changements dans les sols étaient déjà visibles.
Autre point assez étonnant : le domaine avait déjà réalisé son premier vin sans sulfites en 2001.
Quand la nature décide…
La discussion nous a aussi permis de voir à quel point le métier de vigneron est devenu compliqué avec le changement climatique.
Depuis 2003, les années sont de plus en plus imprévisibles : sécheresse, grêle, fortes pluies, gel… Chaque millésime apporte son lot de surprises.
En 2024, le domaine a perdu environ 80 % de sa récolte.
Et les sangliers ne facilitent pas non plus le travail ! Certaines années, ils peuvent manger entre 12 et 15 tonnes de raisins. Le domaine compte également une importante présence de loups.
Au final, environ 70 % du temps de travail se passe dans les vignes. Ça permet de se rendre compte que faire du vin, ce n’est pas seulement être dans un chai ou déguster : c’est surtout énormément de travail dans les vignes.
Place à la dégustation !


Après toutes ces explications, nous avons pu passer à la partie que nous attendions forcément avec impatience : la dégustation !


Nous avons commencé par goûter quelques vins encore en cours de vinification, puis nous avons découvert plusieurs cuvées du domaine.
Pour les blancs, nous avons dégusté notamment :
- le Grand Blanc, destiné notamment aux belles tables et aux restaurants étoilés Roussanne et Chardonnay
- la Cuvée Pur, plus expérimentale, avec notamment Carignan blanc et Ugni blanc
- le Château Revelette, en Coteaux d’Aix, avec Rolle, Ugni Blanc et Sauvignon Blanc
- la Cuvée Coude à Coude, en Vin de France, avec notamment Rolle et Grenache Blanc.
Puis place aux rouges avec :
- le Château Revelette, à base de Syrah, Cabernet Sauvignon et Grenache
- la Cuvée Pur 100 % Carignan
- la Cuvée Pur 100 % Grenache.
C’est intéressant de pouvoir comparer les différentes cuvées et surtout de retrouver dans les vins la philosophie dont Peter nous avait parlé pendant la visite.
Et forcément… on continue autour d’une bonne table !



Après la dégustation, nous avons partagé un repas tous ensemble, dans une ambiance beaucoup plus conviviale. Le tout préparé avec amour par Sandra et Peter !


Nous avons commencé avec un velouté de courges accompagné du Grand Blanc 2019. Un vin magnifique avec fraîcheur, richesse et persistance en bouche
Pour suivre, une daube de sanglier avec champignons, carottes et pommes de terre fondantes, accompagnée du Grand Rouge 2019. Un vin de caractère avec des tanins élégants et un grand équilibre.
Un accord vraiment gourmand et un vin qui nous a particulièrement marqués. Pour nous, c’était clairement un des grands moments de la dégustation.
Le Grand Blanc 2019 avec le fromage, qui nous a une nouvelle fois montré qu’un grand blanc peut parfaitement accompagner tout un repas.
Et pour finir, Le Grand Rouge 1989 sur un Opéra riche en chocolat fondant et croquant à la fois. Un vin surprenant, de grande classe.
Une sortie qui fait du bien !
Au final, cette journée au Château de Revelette était vraiment une magnifique découverte.
Nous avons appris beaucoup de choses sur la vigne, le terroir, la biodynamie et les difficultés auxquelles les vignerons doivent faire face aujourd’hui, mais surtout, nous avons pu échanger directement avec une famille qui vit son métier avec beaucoup de passion.
Entre la visite, les discussions, les dégustations et le repas, l’ambiance était vraiment sympa et conviviale.
C’est aussi cela qui rend ce genre de sortie intéressante : sortir de l’école, aller directement sur le terrain, rencontrer les vignerons et comprendre tout ce qu’il y a derrière une bouteille.
Une grande journée, de belles rencontres et que de beaux souvenirs autour des vins du Château de Revelette.



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